Les sens du chat

Grâce à des sens très développés, le chat évolue dans un univers d’une infinie richesse : il recoupe souvent le nôtre, mais s’en éloigne parfois. Si nous lui damons le pion en matière de perception des couleurs et des détails visuels le chat s’évade dans un monde sonore, odorant et sensuel qui nous dépasse totalement

La vue

Placés devant la tête, les yeux assurent une excellente vision binoculaire, sur un champ de 130° supérieur au nôtre. Supérieur également, est le champ visuel total de 280°(nous ne voyons que sur 220° quand nous ne sommes pas sous l’emprise de l’alcool).

L’œil du chat est conçu pour percevoir un maximum de lumière, au détriment de la précision des détails. Sa rétine de chasseur nocturne contient environ 6 fois plus de bâtonnets (organes photosensibles) que la nôtre, mais elle possède moins de cônes (assurant une bonne acuité). Le félin distingue bien les couleurs froides, mais semble ignorer le rouge. Son
univers est donc moins coloré que le nôtre, mais il est nettement plus lumineux.

La pupille joue un rôle important dans la perception de la lumière. Dans le noir, elle forme un cercle à peine entouré par l’iris. En lumière normale, c’est un ovale plus ou moins dilaté. Et lorsque le chat se plaît à dévisager longuement le soleil, elle est réduite à une simple fente, pratiquement fermée. Les Esquimaux utilisent ce stratagème pour supporter la violente lumière estivale du Grand Nord : ils portent des lunettes en os, dont les « verres » opaques sont percés d’une fente étroite… !

Le chat n’a pas le « troisième œil », mais il possède une troisième paupière, appelée « membrane nictitante », ou « tapetum lucidum », qui glisse sous les paupières, sur la cornée.

Elle a un rôle humidificateur, protecteur, et sans doute de réflecteur de lumière. En outre, le fond de l’œil est entièrement tapissé de matière réfléchissante, si bien que toute la lumière qui traverse le cristallin vient frapper la rétine !

L’ouïe

Pour un chat, nous devons être de pauvres malheureux assez durs d’oreille. Son ouïe capte des ultrasons de l’ordre de 40 000 à 45 000 Hz, alors que la nôtre est sourde au-delà de 20 000 Hz (et encore : il s’agit d’une oreille de musicien, bien entraînée ; la normale se situe vers 17 000 Hz, pauvres de nous). Par contre, notre perception des basses commence à 20 Hz, alors que le chat n’entend qu’à partir de 30 Hz. Maigre consolation. Les souris et les musaraignes poussent des cris aigus, et peut-être en poussent-elles que nous ne percevons pas, mais qui n’échappent pas à l’ouïe fine du matou… (Ce n’est qu’une supposition, qui m’attire.)

Le toucher

Le chat est en contact avec le monde par son corps entier. Nous aussi, direz-vous. Soit, mais nettement moins que lui ! Le chat touche d’abord avec son museau, qui réagit immédiatement au froid ou au chaud, puis avec les coussinets de ses pattes antérieures : et je te donne un petit coup de patte par-ci, un autre par-là, je te retourne dans tous les sens, et je tâte… bref, le chat n’en finit pas de toucher, en même temps qu’il regarde intensément et flaire comme un perdu. Le cerveau, qui est chargé de tout enregistrer, trier, répertorier et identifier, laisse une grande part aux informations transmises par les coussinets des pattes de devant : le chat est donc un palpeur, et un touche-à-tout. C’est ce qu’il fait, quand il frotte son museau contre vous, et vous donne un gentil coup de patte il vous reconnaît, vous salue et vous assure qu’il est ravi de vous voir

Tous ses poils sont des sortes de capteurs, qui lui permettent de détecter ce qui l’entoure, à faible distance (c’est bien pratique dans le noir !).

Mieux, la peau entre les poils a des petites pelotes sensibles qui la font frissonner au moindre contact. Voilà pourquoi le chat aime tant les caresses, et les supporte si peu quand il est nerveux.

Particulièrement sensibles sont les moustaches (les ‘vibrisses »). Ce sont en fait des organes du toucher très développés, qui peuvent fonctionner comme de véritables radars, informant Mistigri de la conformité de son environnement. Pour évaluer le diamètre d’un trou, le chat les déploie en éventails, et si elles passent, il passera ; autrement, il cherchera un autre chemin…

Faites une expérience : placez votre chat dans une pièce très sombre (proche de la luminosité d’un four pour votre vue) : il se repère sans aucun problème, car il voit comme en plein jour, grâce à ses yeux extraordinaires. Maintenant, faites l’obscurité totale. Vous ne pouvez pas contrôler, parce que vous ne voyez rien, mais placez des obstacles entre lui et vous, et appelez-le doucement. Il ne vous voit pas, mais vient vers vous sans encombre, en utilisant ses moustaches pour se repérer… ! Quand le chat ne voit plus rien, il marche littéralement au radar. Qui dit mieux ?

L’odorat et le goût

La moindre particule d’odeur qui touche la langue d’un chat (richement pourvue en bourgeons gustatifs) est ramenée par celle-ci contre le palais,
tout près du museau, là où se trouve un centre olfactif particulièrement sensible : l’organe de Jacobson. Ainsi votre chat vous flairera-t-il avec attention quand vous rentrez de la campagne : vous rapportez, accrochées à votre pantalon, une foule d’odeurs qui l’intéressent au dernier degré !

De même, son goût est très développé, et il n’accepte pas de manger n’importe quoi. Avant de tout dévorer, il flaire, et si l’odeur est alléchante, il goûte. Si le goût est « bon pour chat », il engloutit son repas sans autre forme de procès. Développez son goût, en lui présentant des aliments nouveaux, qu’il apprendra à identifier.

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